Communiqué

Commerce extérieur en 2025 :
la Filière Française du Cuir maintient un excédent record

2026

Commerce extérieur en 2025 :
la Filière Française du Cuir maintient un excédent record

En 2025, dans un contexte mondial incertain, la Filière Française du Cuir prouve une nouvelle fois sa résilience en affichant un excédent commercial record. Portée par une montée en gamme et une stratégie internationale repensée, elle s’adapte et continue de rayonner à l’échelle mondiale. Mais derrière cette solidité, les premiers signaux de 2026 laissent entrevoir de nouveaux défis à relever.
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Commerce extérieur en 2025 : la Filière Française du Cuir maintient un excédent record

2026

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Montée en gamme, diversification et réorganisation logistique :
une stratégie internationale réinventée

L’année 2025 aura été marquée par des tensions logistiques, un ralentissement du commerce mondial et des marchés moins dynamiques, la Filière Française du Cuir confirme sa solidité structurelle. Avec un excédent commercial de 4,9 milliards d’euros, l’un des plus élevés de son histoire, elle s’appuie sur une montée en gamme continue, une diversification accélérée des approvisionnements et une réorganisation stratégique des flux internationaux. Cependant, les premiers signaux pour l’année 2026 montrent quant à eux un ralentissement plus important.

SOLIDITÉ ET CAPACITÉ D’ADAPTATION DE LA FILIÈRE FRANÇAISE DU CUIR

L’Observatoire Économique de l’Alliance France Cuir publie les données consolidées relatives au commerce extérieur pour la Filière Française du Cuir.

 « Malgré un environnement international complexe, la Filière Française du Cuir démontre sa capacité d’adaptation et sa solidité. La montée en gamme, la diversification des approvisionnements et la transformation des circuits de distribution constituent des leviers essentiels pour maintenir la compétitivité française. Ces évolutions reflètent la profonde recomposition des marchés internationaux. »
-  Marc Brunel, Directeur Général de l’Alliance France Cuir.

L’Observatoire Économique de l’Alliance France Cuir analyse et publie tout au long de l’année les données clés du commerce extérieur, de la production et des marchés de la filière cuir.

Il fournit aux entreprises et institutions une information fiable, structurée et actualisée pour éclairer leurs décisions stratégiques.

LES FAITS MARQUANTS DE L’ANNÉE 2025

  • Exportations : 18,6 Md€ (-3% vs 2024)
  • Importations : 13,7 Md€ (stable)
  • Excédent commercial record : +4,9 Md€
  • 1er secteur exportateur : Maroquinerie (12,5 Md€)
  • France : 4e exportateur mondial (6,1% du marché)
  • Principaux clients : Chine, USA, Italie
  • Principaux fournisseurs : Italie, Chine, Vietnam
  • Vietnam : premier fournisseur de chaussures de la France (en valeur) devant l’Italie et la Chine
  • Chaussure : la Chine, un marché à 2 vitesses : en volume +35% mais prix -28%.

UNE FILIÈRE STRUCTURELLEMENT EXCÉDENTAIRE ET QUI SE CLASSE PARMI LES LEADERS MONDIAUX

En 2025, la filière enregistre 18,6 milliards d’euros d’exportations pour 13,7 milliards d’euros d’importations, confirmant la France au 4ᵉ rang mondial des exportateurs (6,1 % du marché).

Si les exportations reculent légèrement (-3 % par rapport à 2024), ce mouvement traduit un effet de lissage après un cycle de croissance exceptionnel. Le niveau reste historiquement élevé : les exportations ont doublé depuis 2015 et progressé de 41 % depuis 2019.

La demande internationale demeure solide, portée par la maroquinerie (12,5 milliards d’euros d’exportations soit 67% des ventes françaises à l’international) et par l’attractivité du luxe français, dans un marché mondial pourtant plus morose. Cette réussite à la française tend à démontrer que la valeur perçue des produits français dépasse largement la seule dimension économique et l’intérêt soutenu des marchés internationaux pour des articles durables, identitaires, et d’une qualité irréprochable.

Philippe Gilbert, Directeur de l’Observatoire Économique de l’Alliance France Cuir, analyse : « L’attractivité internationale de la filière ne se dément pas et la réorganisation des circuits logistiques en Asie renforce par ailleurs la compétitivité des maisons françaises, qui gagnent en rapidité et en maîtrise de leurs flux. »

EUROPE : LE MARCHÉ À NOS PORTES EST STABLE

L’Europe joue pleinement son rôle d’ancrage pour la filière : dans un contexte géopolitique instable, la stabilité des exportations européennes est un signal de confiance. Le continent représente 42 % des ventes françaises, avec des flux stables vers le Royaume‑Uni et en légère progression vers l’Allemagne (+1 %) et l’Espagne (+2 %).

L’Italie, troisième client de la France et le premier acheteur de matières premières françaises, traverse en 2025 une année difficile – baisse des commandes, fermetures d’entreprises, demande affaiblie des États‑Unis et de la Chine – entraînant des répercussions sur les exportations françaises : -8% sur les cuirs et peaux bruts ; -5% sur les cuirs finis. Cette situation incite les entreprises françaises à diversifier leurs débouchés européens.

ASIE : PREMIER MARCHÉ, EN PLEINE TRANSFORMATION LOGISTIQUE

L’Asie demeure le premier débouché de la filière (43% des exportations), mais les flux se recomposent profondément. La Chine demeure le principal partenaire asiatique, concentrant 14 % des exportations françaises.

  • Une décélération des exportations vers l’Asie
    Les exportations ont reculé de 7 % cette année, touchant l’ensemble de nos clients asiatiques. Cette diminution reste toutefois à relativiser après plusieurs années de croissance exceptionnelle : entre 2019 et 2025, les exportations françaises vers l’Asie ont progressé de 77 %.
  • Un basculement vers le directtomarket
    Les groupes de luxe réorganisent leurs chaînes logistiques : les flux transitent moins par Hong Kong (-5%) et Singapour (-25%), au profit d’exportations directes vers les marchés finaux, désormais privilégiées pour gagner en rapidité, en contrôle et en proximité client.
  • Chine : des approches sectorielles différenciées
    La situation avec la Chine illustre un marché à deux vitesses. Pour le secteur de la Chaussure : les exportations françaises progressent fortement en volume (+35%), mais avec des prix moyens en baisse (-28%), signe d’un repositionnement vers des gammes plus accessibles. À l’inverse, le segment des sacs à main évolue dans une logique de montée en gamme : les volumes reculent de 8%, mais les prix moyens augmentent de 4%, traduisant une demande plus sélective et orientée vers des produits premium.
  • Japon : normalisation après un pic exceptionnel
    Après une hausse spectaculaire en 2024 (+237% faisant passer l’export à 1,6 milliards d’euros), les exportations vers le Japon reculent de 10% pour atteindre 1,5 milliards d’euros, sous l’effet d’un yen plus fort et d’un ajustement logistique.

ÉTATSUNIS : UN AFFAIBLISSEMENT CONJONCTUREL

Deuxième client de la France (12% des exportations), les États‑Unis enregistrent un recul de 5% des achats de produits français en cuir. Ce ralentissement s’explique par un dollar affaibli, un climat économique moins porteur et une prudence accrue des consommateurs de luxe. Malgré cela, les échanges restent largement excédentaires : +2,2 milliards d’euros, confirmant l’importance stratégique de ce marché pour la filière.

IMPORTATIONS : STABILITÉ ET RECOMPOSITION MAJEURE

Les importations se maintiennent à 13,7 milliards d’euros, plaçant la France au 3ème rang mondial. Mais leur géographie évolue rapidement.

  • Montée en puissance de l’Asie du Sud-Est
    Cette montée se traduit par une diversification des chaînes de production afin de réduire la dépendance à la Chine. De nombreuses entreprises déplacent progressivement une partie de leurs activités industrielles vers les pays d’Asie du Sud-Est plus compétitifs, tout en maintenant une production en Chine (stratégie China +1). Cette réorganisation s’explique notamment par la hausse du coût de production chinoise, les tensions géopolitiques avec les États-Unis, notamment liée à l’imposition des droits de douane.
  • Plusieurs pays enregistrent des progressions significatives : Vietnam : +11% ; Cambodge : +24% ; Indonésie : +5%. Pour la première fois, le Vietnam devient premier fournisseur de chaussures de la France, devant l’Italie et la Chine. Cette bascule historique s’explique par des coûts de production compétitifs, des capacités industrielles massives et des accords de libre‑échange particulièrement favorables.
  • Cette recomposition, sans pour autant remettre en cause le rôle central de la Chine, révèle une adaptation des entreprises aux nouvelles contraintes à la fois économiques, géopolitiques, et logistiques. En conséquence, la demande vers ces pays d’Asie du Sud-Est augmente.

« La stabilité des importations confirme qu’une phase de normalisation s’est engagée après la très forte croissance postCovid. En parallèle, le Vietnam simpose comme le premier atelier du monde, porté par des accords commerciaux qui renforcent encore son rôle dans les chaînes de valeur internationales », conclut Philippe Gilbert.