La Culture des Savoir-Faire avec les Compagnons du Devoir

Apprendre les bases de la chaussure et de la maroquinerie en accéléré, c’est l’objectif du dernier cycle de formation organisé par les Compagnons du Devoir à Pantin. Le succès est au rendez-vous depuis son lancement en novembre 2018. Les métiers…
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Apprendre les bases de la chaussure et de la maroquinerie en accéléré, c’est l’objectif du dernier cycle de formation organisé par les Compagnons du Devoir à Pantin. Le succès est au rendez-vous depuis son lancement en novembre 2018.

Les métiers de la maroquinerie et de la cordonnerie-botterie sont multifacettes. Pour appréhender les nombreuses opérations de fabrication, il est indispensable de maitriser un lexique propre et des gestes spécifiques communs à tous les artisans spécialisés. Le PEMS (Pôle d’Excellence des Matériaux Souples), ouvert à Pantin par les Compagnons du Devoir en 2015, enrichit son offre de formation avec des modules courts dédiés à l’apprentissage théorique et pratique des fondamentaux de la maroquinerie et de la chaussure. Leur nom ? « Culture des savoir-faire ».

 

Immersion et « malles pédagogiques »

Ce cycle est ouvert à un large public : designers, stylistes, chefs de produit, bureaux d’étude, responsables marketing, ingénieurs méthode, responsables de ventes, acheteurs mais aussi amateurs et passionnés de sacs et de souliers… La formation sur deux jours (14 heures) permet d’assimiler vocabulaire et gestes de base et de distinguer les divers composants, matières, modes d’assemblages et de finitions. Bureaux d’étude et équipes de ventes ont la possibilité de suivre une journée supplémentaire consacrée à leurs problématiques respectives. Chez les Compagnons du Devoir, on est immédiatement immergé en situation pratique. C’est le principe de la classe inversée cher à l’association. En cordonnerie-botterie, la formation est trop courte pour fabriquer une chaussure. L’apprenant est guidé dans un atelier de bichonnage en cordonnerie.

Des modules mobiles ont aussi été créés spécifiquement pour aider à la compréhension des différents savoir-faire. Ce sont des « malles pédagogiques » conçues par la Procédéthèque de Pantin, « conservatoire des savoir-faire traditionnels, des pratiques contemporaines, cellule de prospective » pour les matériaux dits souples (cuirs, tissus). Faciles à manipuler, elles viennent en renfort de la théorie. Elles regroupent de nombreux échantillons (cuirs « classiques », exotiques, matières de renfort) et des planches accompagnées de schémas, détaillant les bordures, les montages et assemblages. Les coupes de modèles en chaussure proviennent du chausseur J.M.Weston et de l’équipementier Decathlon, soulignant ainsi la diversité du métier.

 

Une formation en plein essor

Le cycle « Culture des savoir-faire » dépasse les prévisions. En six mois, il a déjà formé une centaine de personnes. La demande de modules courts en formation continue est forte. « Les âges sont variés, de 28 à 65 ans, avec un équilibre homme/femme, précise Sarah Mineraud, chargée de la communication du PEMS. La majorité des participants vient de province. Un profil se démarque toutefois : celui d’entrepreneur ou d’autodidacte. Nous avons aussi assuré des formations en cordonnerie-botterie pour l’IFM et en maroquinerie pour l’école Camondo ». Face au succès, le cycle s’élargit. Une formation plus complète d’une semaine, baptisée « Summer School » va accueillir une quinzaine de futurs maroquiniers en juillet 2019. Le PEMS prévoit un enseignement en anglais afin d’attirer un public international. Deux nouvelles « malles pédagogiques » consacrées à la sellerie et à la tapisserie vont par ailleurs compléter les outils de savoir-faire.